Kazbard
Alexandre Drabzak
artiste designer
Autodidacte, curieux et passionné, j’envisage mon travail comme une exploration permanente. Biologiste de formation, j’ai développé la conception, le design et la création artistique, poussé par un instinct qui ne m’a pas laissé le choix. D’âme aventurière, je ne donne pas de limites aux domaines dans lesquels je m’exprime, en gardant un lien avec la nature qui m’est fondamental.
La démarche de création, quelle qu’elle soit, doit avoir du sens. En cela, mon travail s’initie toujours par une imprégnation des valeurs de mes commanditaires, ainsi que du contexte – humain, culturel et environnemental – dans lequel mes conceptions doivent s’intégrer. Ne prendre en compte ni l’un ni l’autre est, pour moi, un non-sens. Ce n’est qu’ensuite que vient ma part, très instinctive et sensible, pour féconder l’existant de mon imaginaire et en extraire une synthèse, dont le fruit sera voué à trouver son indépendance et à faire communauté.
Travailler ensemble : le processus créatif
Ma créativité est en grande partie intuitive. Les créations auxquelles je tiens le plus, procèdent du lâcher-prise et me sont apparues sous la forme d’images claires, presque évidentes. Dans ma démarche, il n’y a pas de recherche au sens intellectuel du terme et toute tentative de rationalisation a posteriori me semble artificielle. Mais il est un processus dont je peux parler.
De façon essentielle, il commence par la construction d’un lien subtil avec vous. Ce lien a pour fonction de me permettre d’intégrer, au-delà du sujet même de la commande, quelque chose qui vous appartient, quelque chose que vous n’exprimerez peut-être pas, mais que j’aurai perçu.
C’est pourquoi la relation que nous construisons, la confiance accordée et les valeurs partagées occupent une place centrale dans mon travail.
Parallèlement, le projet fait naître une envie personnelle qui est peut-être celle d’une matière, d’une couleur, d’un style, d’une dimension. Et lorsque tous ces éléments se rencontrent, une synthèse s’impose à moi qui les unis ; c’est la naissance de l’objet, nouveau et indépendant.
Je travaille avec des partenaires issus de mondes très différents, parfois perçus comme non miscibles. Pourtant, un fil originel et fondamental les traverse, celui de l’humanité. Mes créations cherchent à rendre perceptible ce lien, sans le forcer, sans l’expliquer.
Je n’attends rien d’autre que l’appropriation de mon travail. Lorsque, au-delà de l’esthétique et de la fonctionnalité, je vois l’œuvre effacer les cadres et faire émerger une forme de communauté sensible, je trouve ma plus belle récompense.
Je crois que l’expression la plus juste, celle qui fait consensus, est souvent la plus simple, la plus spontanée. Non pas par rejet de l’intellect, mais parce que l’instinct nous ramène à quelque chose de plus essentiel.
La création est toujours un acte égoïste, mais si elle ne tient qu’à cela, elle n’a pas grand intérêt à mon goût. La création, comme la vie, n’a de sens que si elle transmet quelque chose.
Si l’œuvre ne génère pas d’émotion, si elle ne retient pas un instant le souffle, elle ne transmet rien, elle ne renvoie rien. Carl Jung parlait du reflet de nous-mêmes dans les êtres qui nous attirent ; à son instar, je ressens qu’une œuvre artistique est un miroir dans lequel une part de nous-mêmes peut se réfléchir. C’est cela qui nous touche et c’est cette rencontre subtile et silencieuse que je cherche à caresser.
Profil
- Titulaire d’un DESS d’expertise des problématiques environnementales, d’un Master de Biologie végétale et d’une Licence d’Architecture.
- Conseiller en environnement et écologue.
- Urbaniste-environnementaliste. Élaboration de PLU, Diagnostic territorial, Plan d’aménagement et Plan de développement.
- Maître d’œuvre de projets d’aménagements touristiques Marchés publics et privés de Maîtrises d’œuvre dans le domaine du bâtiment et du paysage.
- Concepteur-designer et éco-designer.
- Gérant d’entreprises.
- Lauréat du concours Talents 2007 de la création d’entreprise Midi-Pyrénées.
Parcours
- 2002 : Obtention du DESS (fin d’études).
- 2002-2003 : Enseignant (Ministère de l’Agriculture).
- 2003-2006 : Chef de projet au Muséum d’Histoire Naturelle de Toulouse.
- 2006-2018 : Fondation du bureau d’étude Génie nature SARL. Gérant de 2006 à 2016, Directeur de 2016 à 2018.
- 2008-2015 : Fondation de Pôle environnement SARL. Gérant de 2008 à 2015.
- 2020 : Licence d’Architecture – ENSA de Toulouse
Être autodidacte est une odyssée
Être autodidacte n’est pas le choix le plus facile. Même si, en quelque sorte, je n’ai pas eu ce choix ! Quelque chose d’autre que l’ambition m’a poussé à la création, loin de mes acquis et de ma formation initiale. Diplômé d’un master en biologie, je me sentais très à l’aise dans le « vivant » qui reste une vrai passion pour moi. Mais une autre part de moi-même m’appelait ailleurs.
Après avoir exploré l’enseignement, j’ai intégré le Muséum d’Histoire Naturelle de Toulouse en tant que botaniste pour piloter la mise en place d’un projet de jardin pédagogique (les jardins du Muséum) que mon ami Boris Presseq et moi-même, alors étudiants, avions imaginé quelques années plus tôt. Dès lors, j’ai commencé à prendre le crayon à dessin pour concevoir.
Le projet achevé, la construction du site réalisée et les équipes mises en place, j’ai finalement quitté cette structure pour créer ma propre entreprise en tant qu’expert écologue. Le rôle de gestionnaire qui m’était alors dévolu m’intéressait bien moins que mon indépendance.
La suite de mon expérience professionnelle peut se rapporter à une odyssée où les dieux de la raison et du conditionnement ont lutté contre un Ulysse intérieur, qui n’avait qu’un but (je ne l’ai compris qu’à l’issue) : retrouver son Ithaque, le royaume de ma souveraineté, de la liberté et de l’imaginaire.
Dès lors, j’ai eu l’occasion de travailler sur des projets de toutes dimensions, allant d’un jardin privé au territoire d’un parc naturel régional, et de toutes natures : de la création d’objets destinés à la grande distribution, à la constitution de plans et de règlements d’urbanisme. J’ai travaillé avec des clients — que je préfère appeler des partenaires — de tous bords, qu’ils soient politiques, religieux ou associatifs, et à des échelles très variées, allant de particuliers à des structures institutionnelles majeures, comme des Conseils départementaux. Je peux dire que chaque projet fut une aventure formatrice.
Durant cette odyssée, il m’était difficile d’assumer mon statut de créateur, qui restait donc confidentiel et marginalisé derrière mes diplômes et mon statut d’expert. Mais « Ulysse » se montra fort et persévérant, finissant par vaincre les dieux et retrouver son île.
Ce n’est qu’après plus de dix ans que le périple intérieur trouva son terme, me permettant enfin de me considérer moi-même, et de m’assumer ouvertement, en tant que concepteur, designer et artiste ; ce en toute humilité, simplement devant le trajet accompli, heureux de ce retour sur cette terre natale où je suis souverain.
J’ai fait tout cela sans formation, sans apprentissage, sans « tuto » ni webinaire ; je n’ai même pas lu de livre de design. Lorsque j’ai intégré l’École nationale d’architecture de Toulouse, à l’âge de 42 ans, je ne savais pas que j’étais déjà au bout de ce périple, mais je compris bien vite que je n’étais là que pour un morceau de papier. Mon véritable apprentissage était déjà accompli, en appui d’une spontanéité et d’une confiance qui venaient du plus profond de moi-même.
Aussi, j’encouragerai toujours tout un chacun à écouter son Ulysse intérieur.